Forum Amical des Esques Eatépiens

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<< L'AUBERGE DE JEUNESSE >>

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1 << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Ven 5 Fév - 18:44

kristal

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Admin
coucou  à vousss,

. « L’auberge de jeunesse »

Hein, que ça vous intrigue ce nouveau sujet   pensif  pensif  pensif

Il m'a été susurré dans le tuyau du conduit auditif par un souffle léger émanant d'un amoureux inconditionnel de la  coquille d'un lamellibranche, bivalve, rarement perlé  huitre  mais aussi gouteux que les cuisses de notre amie  grenouille

Vous rappelez-vous cette merveilleuse auberge de jeunesse qui nous a accueilli à bras ouverts   taar ta G...   et à pompes "musclées", pour la majorité d'entre nous au sortir de l'école ?

Oui, 14G , tu as bien fait de m'inciter à ouvrir ce nouveau sujet qui va tous nous permettre de rebondir et d'évoquer cette colonie de vacance si particulière. Souvenir… souvenirs… et surtout : chapeau pour avoir trouvé un titre si évocateur d'une période qui comme notre école aura laissé sa trace.

Comme vous l'avez certainement deviné, place à notre jeunesse,  place au service militaire.  soldat

Allez les souvenirs, on en salive d'avance.


Kristal

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2 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Ven 5 Fév - 23:38

Chers ex, gaaarde à vous !

Je viens juste d’en parler avec l’adjudant-chef Kristal (et je n’ai pas encore eu le temps de répondre à son dernier mail) que déjà il a mis le sujet en route, c’est ça la discipline militaire soldat .

Certains d’entre vous savent que j’écris beaucoup et il y a quelques temps que j’ai terminé la mise en page de mes Mémoires Professionnelles. Dans ces plus de 300 pages de mémoires, j’ai réservé un chapitre entier à ma période du Service National. Cette période est une charnière entre notre sortie de l’EATP et notre entrée dans la vie active. Si vous êtes d’accord (faites un pas en avant), je vous livrerai la presque totalité de ce récit en 7 ou 8 épisodes  Va pas non

Le but du jeu étant de vous remémorer votre vécu sous les drapeaux et d’en faire part sur ce forum de partages et ça ne serait pas désagréable que les femmes ou compagnes d’ex bidasses ajoutent leur grain de sel sur ce SN  Bizzzz  

Ce passage à "l’Auberge de Jeunesse" (c’est un copain de l’époque qui m’a confié cette superbe appellation), a été assez spécial et on ne l’a pas fait exprès. Quand nombre De copains se sont ennuyés ferme dans leurs casernes pendant ces 12 mois obligatoires  jj , au contraire dans notre régiment, nous avons très peu glandé, seul le mois précédant la quille nous a permis de respirer un peu  OK

Bon, assez causé, le premier épisode dans moins de 2 jours. Repooos, pouvez fumer ! Catorget au rapport !

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3 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Sam 6 Fév - 11:22

Hello les amis coucou
Miladiou ça c'est un bonne idée!!
Je vais chercher dans mes souvenirs mais j'en ai pour un sacré
moment car il y a un de ces bazar dans mes souvenirs pensif
Pour l'instant je vais transhumer une fois de plus...donc je vous
rejoindrai sans doute lundi
Amitiés à tous Manitou

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4 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Sam 6 Fév - 11:57

hello Manitou bonne route fait gaffe au vent Brrr2 je t envoie du soleil vacance profitez bien de vos petits enfants et un amical bonjour au PAPA COURAGE BISOUS LA Betty2

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5 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 7 Fév - 23:08

Salut la bleusaille,

Même pas besoin d’en parler entre nous pour se rendre compte qu’aucune de nos vies professionnelles ne se sont ressemblées. Et dès la sortie de l’EATP, nos directions ont divergé. Rien que l’étape militaire qui a suivi le passage dans notre école nous a déjà totalement séparés de nos amis et connaissances de promotion  à plus Pour tout vous avouer, lors de mes 33 années passées sur une multitude de chantiers en France, je n’ai croisé que DEUX copains de promo et je n’en ai revu que 2 autres par mon initiative. Bref, c’est le désert ! Mais grâce à ce forum nous échangeons entre ex et je ne perds pas espoir que des potes donnent de leurs nouvelles un jour ou l’autre  bravo

Comme promis, je vais vous parler de ma période de trouffion qui m’a donné une vue de l’armée assez inattendue. Le bidule étant un peu long, je l’ai coupé en plusieurs épisodes que je diffuserai chaque semaine afin de laisser un peu de temps aux posteurs-commentateurs divers et variés qui souhaitent apporter leur vécu (ou non) sous les drapeaux.

C’est parti, miladiou !
Catorget 74-76

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6 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 7 Fév - 23:30

1er épisode
Enfant de la patrie

"Les trois jours": Période courte mais obligatoire laissée à la charge des militaires, afin d’examiner sous toutes les coutures et plus encore, chaque individu de nationalité française, de sexe masculin en rupture d’adolescence. Il faut déterminer, sans l’avis de l’intéressé, sous quelle Arme celui-ci servira, ou ne servira pas, son pays pendant douze mois…

    Par coïncidence, je participais à cette sélection avec deux connaissances du village, étant tous les trois nés le même mois de la même année. Le jour "J" nous nous sommes retrouvés dans le train gratuit, direction Limoges. Chacun de nous a sa petite idée sur le type de régiment qu’il demandera. Naïvement, nous croyons que nous aurons notre mot à dire. Pascal souhaiterait les Chasseurs Alpins, mais au final, il fera son temps dans la Marine à Brest… ! Yves n’a pas obtenu satisfaction non plus, sans me souvenir ce qu’il souhaitait... Pour ma part "no problem", il me semblait évident vue ma formation (EATP), qu’on me dirigerait utilement vers le Génie Militaire  non non

    Pendant ces 36 heures nous passerons par d’interminables examens médicaux, puis des tests intellectuels. Il y aura des interrogatoires, de longues attentes et déjà les grandes-gueules indisciplinées en sont pour leur frais en se faisant remettre en ligne sans attendre par l’engagé de service : « Ici vous ne ferez pas la loi, on va s’occuper de vous, bande de freluquets ! »  paf  Les cheveux longs seront les premiers à se faire mater et seront menacés de rentrer chez eux la boule à zéro. Dans ces conditions, tout être un peu malin, et muni d’un instinct de conservation développé, évite le zèle et comprend que l’épanouissement personnel doit patienter  OK  

    Le troisième jour afin de clôturer en beauté cette "auscultation", nous sommes quelques-uns à être dirigés vers une porte marquée en lettres peu discrètes : " TROUPES AÉROPORTÉES – FRAPPEZ AVANT D’ENTRER ". Mon tour venu, je frappe et aussitôt on me gueule d’entrer, rien d’anormal jusqu’ici ! Un crâne rasé à l’uniforme impeccable, aussi peu souriant qu’un flic devant une bavure, me toise de la tête aux pieds sans dire mot, puis il m’arrache mon dossier des mains et après un rapide coup d’œil me signifie :
« Vous êtes apte pour les parachutistes, signez là ! ».
Une demi-seconde pour changer le destin, il m’a fallu juste une demi-seconde pour me découvrir une lucidité inconnue jusqu’alors et dans un réflexe rebelle, je réponds négativement, uniquement parce que j’ai senti un piège  pensif  Le type aurait eu l’air sincère et sympa, cela aurait pu suffire pour obtenir de moi une réponse positive. Aussitôt, il m’ordonne de sortir en maugréant quelque chose qui ressemblait à cela :
« Oust, dehors, pas d’temps à perdre avec ça… ! »
L’enrôlement dans les paras à cette période supposée antimilitarisme ne portait sans doute pas ses fruits, les recruteurs cherchaient des volontaires… désignés d’office, à l’évidence. La tactique fonctionnait bien, sauf cette fois-ci. Mais bon, là ou ailleurs !

    Plusieurs mois s’écouleront avant que le facteur ne dépose ma missive d’affectation un samedi où je venais de rentrer d’Egletons. Je la relus plusieurs fois, totalement éberlué : "1er R.C.P à Pau" (1er Régiment de Chasseurs Parachutistes), aïe, ça pour une surprise,…! Unité militaire hautement renommée et disciplinaire disait-on, destinée à assagir les jeunes voyous, que l’on n’appelait pas encore "délinquants". D’où mon étonnement quant à cette destination, d’autant que l’engagement dans les paras était normalement réservé aux consentants. Le "Génie Militaire" m’aurait suffi amplement…

    À ma sortie de l’EATP, trois mois me séparaient du service national. Trop court pour obtenir un boulot, à mes demandes, les entrepreneurs m’invitaient à me présenter chez eux une fois libéré de mes obligations  rire2 Pas question de cogiter, il fallait profiter de ce laps de temps pour affiner ma préparation physique. J’aurais forcé un peu plus si j’avais su, ce qui m’attendait là-bas ne ressemblera en rien à ce que j’imaginais !

    Une semaine après avoir arrosé mes 20 ans  ga , début octobre 1976, je prenais la direction de Pau. Une fois dans le train (toujours gratuit) et bondé de centaines de futurs camarades, je pris conscience d’entrer dans un monde qui allait réserver des surprises. À écouter certains, dont le beau-frère, le copain ou le cousin sortaient de ce camp, notre pain blanc était irrémédiablement consommé. Voici le style de rumeurs fantaisistes entendues :
« Le lendemain de leur arrivée, ils ont sauté en parachute dans les Pyrénées et sont revenus au camp à pied : 80 kms ! ».
Et encore une :
« Tu parles 4% de perte, ils ont droit à 15 %, mais interdiction d’en parler ! ».
Pendant ce temps des groupes d’anciens à la tonsure impeccable et à l’allure de ceux qui ont tout vu, crapotaient des Gauloise, une canette de bière à la main tout en arpentant les couloirs de wagons cherchant à impressionner les bleus dont il ne reste que quelques heures à profiter du statut civil.
    L’appréhension, pour ne pas dire une sorte de trouille, gagne petit à petit mes voisins. Tant de cigarettes sont maintenant fumées nerveusement que l’on pourrait en étouffer, on n’aperçoit plus le fond du wagon ! Mais bon sang, dans quelle galère nous conduit-on ? Nous sommes en plein syndrome de départ au front. On cause, cherchant de minuscules affinités, on questionne histoire de paraître à l’aise et ne pas rester isolé. Baba cools barbus et chevelus déprimés se demandent ce qu’ils foutent là, eux non plus n’ont pas signé pour les paras. Probablement une erreur de l’administration  rire3  

    À peine sortis du hall de la gare de Pau, l’immobilisme du voyage laisse la place à une excitation peu ordinaire. Des vociférations nous dirigent vers une armada de GMC pilotés par des bérets rouges, direction Idron à quelques kilomètres de là. Dans le bahut on plaisante légèrement sur l’accueil réservé et le mode de transport que l’on trouve archaïque. Arrivés au camp, descente directe chez le coiffeur, parlons plus précisément de tondeur tant la coupe sera radicale. En deux minutes, mon cuir chevelu se trouve carrément exécuté. Un trouffion de corvée balaie sans cesse, la porte est grand-ouverte et les courants d’air éparpillent des nuées de cheveux. Passant devant une glace en sortant, je dois m’y reprendre à deux fois pour me reconnaitre et découvre une sensation curieuse, en me passant la main sur la tête. C’est la norme ici, ni barbe ni cheveux, il faudra s’habituer. Ceux qui fanfaronnaient encore en sautant des GMC ne rigolent plus  lol! à peine arrivés depuis un quart d’heure et dès à présent on subit des réprimandes pour des broutilles. On aurait dû refuser de monter dans ces saloperies de camions de la dernière guerre ! On nous rassemble, on ne sait pas comment se placer, alors on nous engueule, on ne comprend rien aux ordres balancés en rafales. L’ambiance se pourrit au fil des minutes, cela commence à peine et devient déjà insupportable, il vaut mieux éviter de penser qu’il reste douze mois à tenir  pastaper

    Cette hostilité, saturée de contraintes poussées aux limites de l’asservissement incite au repli sur soi, c’est voulu ! La situation change, il faut abandonner la plupart des acquis, désormais beaucoup de choses nous échapperont. Chaque action litigieuse de notre part engendre chez nos instructeurs réponses violentes, provocations et brimades, on ne moufte plus !
    En moins d’une heure, on a appris à fermer nos gueules. Esquisser un sourire équivaut à prendre un risque inconsidéré. Sur quelle planète avons-nous atterri ?

Prochain épisode : « Le dressage »

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7 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Lun 8 Fév - 17:26

Bonjour les amis
Comme 14G ,j'ai rapidement fait connaissance avec la coupe de cheveux
à la mode à cette époque.Suivie d'une prise de photo d'identité sur laquelle je
tiens mon numéro de matricule militaire.Sur ce cliché qui orne mon livret militaire
je ressemble vraiment à un bagnard.
Quand je pense que deux jours avant j'avais payé un coiffeur pour me faire une coupe
de cheveux digne de ce nom...
Difficile pour notre ami Popaul de l'Eatp de nous faire une de ses redoutables
frisettes avec le peu de cheveux qu'il me restait.non non
Puis ce fut une longue séance d'essais de vêtements debout sur une table car
l'adjudant couturier ne pouvait pas plier ses genoux pour mesurer les ourlets des
pantalons qui étaient loin d'être neufs .pensif
Le lendemain nous avions chacun d'entre nous deux tenues réglementaires
une d'hiver et une d'été plus deux tenues de combat.Le tout avec le traditionnel
"barda" (casque lourd et léger...gamelle...béret...et le ceinturon)
D'un seul coup nous avons compris moi et mes copains d'infortune que nous
faisions partie dorénavant d'un autre monde.soldat
A bientôt pour la suite de ces aventures

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8 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Lun 8 Fév - 18:12

Salut à toutes et tous,

Ben ouais, la boule à zéro d'entrée de jeu. Le coiffeur était à l'entrée du camp, les GMC se sont arrêtés devant sa porte, on nous a rasé alors que nous étions encore en civil. La seconde action a été chez le sergent fourrier (prochain épisode).
Comme tu dis Henri, nous venions de débarquer dans un autre monde diable

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9 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Lun 8 Fév - 20:05

coucou tout le monde......

Je ne vais pas faire original en disant que ça s' est passé comme pour tout le monde......

Déjà nous, à notre époque nous faisions la période de "La préparation militaire" à Limoges  soldat  pendant que nous étions encore à l' EATP. Je crois me souvenir que ça se passait pendant quelques jours durant les vacances de Pâques.....Gros bordel car je pense qu' on devait débarquer presque toute la promo en même temps....!!!!!!!!
Mais au bout du compte, normalement ceux qui le souhaitaient étaient orientés sur les régiments du génie.....

Après ma sortie de l' EAT, sans savoir trop pourquoi j' avais un sursis de départ d' un an.......Mes parents habitant en Bourgogne je dépendais du bureau de recrutement de Dijon. En attendant je travaillais donc, ce qui m' avait permis de me constituer un petit " en cas" financier......modeste , mais bon........!!!!!!!!!!!

Et voilà qu' un jour , le paternel me téléphone pour m' avertir que j' avais reçu mon ordre de mission......avec transport SNCF gratuit......Direction TOUL ( meurthe et moselle....), incorporation les 1er jours de janvier 1969.......j' avais encore 2 mois de délai......mais au 15 RGA ( Régiment du Génie de l' Air)......il y avait déjà " Génie" dans le pedigree, c 'était déjà ça......!!!!!!!!


Donc la veille du jour dit.....le train......quelle galère pour arriver à Toul le matin.........Ici, pareil, des camions bâchés attendaient devant la gare.......mais 30cm de neige .......et - 15° au thermomètre......!!!!!!!!!!!!!!

Bien sûr, les jours suivant......rase tout, habillage , les corvées.....désignation d' un "Homme feu" qui avait la charge de ravitailler jour et nuit le poêle de la piaule ( mais il était exempté de corvées......!!!!!). On devait être une trentaine par piaule......et j' ai eu la surprise de retrouver un copain avec qui on avait fait l' école primaire ensemble.......

Je vais faire comme  14G je vais en rester là pour aujourd' hui........que ça ne devienne pas trop barbant à la lecture...... Donc la suite au prochain épisode.......


Bonne soirée........ champi ( qui à l' époque ne connaissait pas encore le bonheur procuré par les champi2 champi2 champi2 champi2 ).

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10 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Lun 8 Fév - 20:35

kristal

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Admin
Ahhhh, voilà un sujet qu'il est bon!!!!

Mouai, j'oubliais, tellement content que ça poste et contre poste que je saute la formule tradi :

coucou  à vousss,

L’Armée m’a semblé être un univers surréaliste dans lequel je m’y suis trouvé englouti.

Déjà au conseil de révision où j’ai tout essayé pour me faire réformer. Que dalle !

J'ai eu la chance, en tant que soutien de famille d'être sursitaire et de travailler durant un an et demi avant le service.

Puis mon sursis a été résilié et j'ai dû me présenter chez les "déguisés kaki"  pour mettre au point la date d'entrée en colonie de non-vacances.

-- Alors mon gars, je vois sur ton dossier que tu n’entends pas de l’oreille gauche ?

-- Oui Monsieur. J’ai perdu l’audition de cette oreille à la suite d’otites chroniques. (J’avais, pensais-je, réussi à gruger le test auditif. Le toubib n’a pas été dupe. Cette peau de vache l’avait inscrit sur mon dossier santé.)

-- Pas Monsieur, mon Capitaine si tu veux bien. Il te reste l’oreille droite, c’est amplement suffisant pour remplir ton devoir envers ta patrie.

-- Bien Mons… mon Capitaine. (T’as pas intérêt à les contredire, m’avaient prévenu les anciens.)

-- Je vois aussi que tu étais sursitaire, tu en as profité avec les petits cons de ton âge pour faire le guignol sur les barricades en mai (68) ? Alors simulateur et gauchiste. Tu cumules !

-- Heu ! … Non mon Capitaine, Je travaille depuis fin 67. Mon sursis c’est parce que mon père est décédé et que ma mère est en maladie. Cela permet de faire rentrer une paie à la maison. (Là, je brodais. Maman avait de quoi vivre. Mon père avait su prévoir.)

-- Mouai… Soutien de famille, je vois ça. De toute façon tu ne couperas pas au service. Je vais quand même faire quelque chose pour toi. Te rapprocher de ta famille.  

-- Merci mon Capitaine. ( je me voyais déjà en caserne à Marseille, rentré chez moi tous les soirs.)

--. J’aurais dû t’expédier en Allemagne, tu habites Marseille, tu feras ton service à Avignon. Allez gicle !

-- Bien mon Capitaine. ( Je me retourne et je gicle comme il dit,  pas assez vite.)

-- Eh ! Un moment. On recrute actuellement dans les Paras, il faut être volontaire bien sûr, mais après les classes à Pau je peux te faire muter à Marseille.

-- Non-merci mon Capitaine, j’ai le vertige dès que je quitte le sol

-- Et ça voulait faire la révolution. Des planqués oui ! Justes bons à foutre la pagaille. On va vous mater, toi et tes copains étudiants. Calte !


Ben oui, j'étais déclaré apte, sursis résilié, il n'y avait plus qu'à !!!

J'y suis renté le 4 janvier 2009 (69 1A), direction : 7ème RG Avignon.

Et là, c'est un autre épisode.

Kristal

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11 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Mar 9 Fév - 11:17

Bonjour les amis coucou
Un matin au rapport deux d'entre nous n'étaient pas rasés et ce jour là
c'était un "EOR " (éléve officier de réserve) qui nous donnait les ordres
pour la journée. soldat Par malchance c'était une véritable raclure (impossible
d'employer le terme exacte sinon c'est le sécateur assuré) sécateur
Il nous ordonna de remonter dans la chambrée et redescendre en tenue
de sport et cela en temps limité bien sûr.(nous étions au 3éme étage)
A nouveau rassemblés dans la cour,il nous ordonna de remonter nous
remettre en tenue de combat...et ainsi de,suite, de 7heures à 11 heures
du matin.Le plus dur étant de changer de chaussures (rangers...basket
et vice versa). Le lendemain ,tout le monde était rasé de prés
Je m'étais promis de lui rouler dessus (plusieurs fois pour être sûr) taar ta G...  avec
un engin quelconque si je le retrouvais dans le civil.Hélas (ou peut être tant
mieux) nos chemins ne se sont plus jamais croisés. pensif  
A bientôt pour d'autres souvenirs Manitou

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12 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 14 Fév - 18:28

coucou ....la compagnie.....( c 'est de circonstance en plus......!!!!!!!!!)

Bon je vais continuer un peu soldat  .....

Il faisait donc très Brrr2 Brrr2 Brrr2 Brrr2 .....déjà tous les matins, rassemblement pour la montée des couleurs dans la grande cour d' honneur en plein courant d' air....( cela va de soi.....!!!!!).

Un matin , un chien s' est invité à la cérémonie et quand les clairons se sont mis en action, voilà t' y pas que le chien se met à hurler à la mort......interruption de la musique ......les taulards étaient alignés sur le trottoir devant la prison et le colonel de donner l' ordre de chasser la bête......L' adjudant de compagnie s' adressant aux taulards...." Saisissez la bête....!!!!!"  Le pauvre chien....1ère porte qu' il trouve ouverte , il y entre et voilà le chien qui entre dans la prison......L' adjudant réitère son ordre et ajoute..." Je ne veux pas de cabot en taule.....!!!!!!" les taulards rentrent dans la prison...le chien en ressort et gambade dans la cour avec 7 ou 8 taulards à ses trousses....comme le sol était verglacé, les poursuivants tombaient les uns après les autres ......bien sûr tout le monde était mort de rire et gros bordel dans les rangs.........!!!!!!!!!!et finalement le chien a trouvé une échappatoire et la levée des couleurs a pu reprendre......

Par contre, moins drôle......tous les après-midi, marche de 15km avec tout le bardas sur le dos......heureusement pour nous notre sergent ,chef du groupe, était marseillais......et craignait terriblement le froid.......alors il nous avait proposé au lieu de faire les 15km d' aller dans un petit village à côté ( 3km à peu près....), il y avait un petit bistrot tenu par une mémée......mais en contrepartie, interdit d' aller traîner au foyer le soir....Il nous avait dit..." Le soir les autres bleus sont crevés par la marche de 15km, ils ne vont pas au foyer, alors pour vous, c 'est pareil....vous êtes HS le soir....crevés par la marche....."
Nous , ça nous arrangeait bien et tout le monde respectait.........on tapait le carton dans la piaule.....

Pendant les classes, le matin nous suivions une formation à la conduite d' engins. Copie conforme de ce que j' avais fait à l' EATP. Même les documents étaient identiques.........manquait que le cartouche en bas à droite bien sûr......!!!!!!! Dans la section, j 'étais le seul Ex EATP.
Ca a donc duré 2 mois et au bout l' examen......Sans me forcer et sans me vanter....j 'ai fini 1er du stage avec 19,75 sur 20....avec les félicitations du Chef de Corps qui m' avait dit.....ça méritait 20/20......mais dans un examen, ça ne se fait pas.....

J' était content et fier de moi, mais j' allais bien vite déchanter.......cette situation devant me créer bien des ennuis par la suite......et fera l' objet d' un prochain futur épisode.......

Bonne lecture et bonne soirée......... champi

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13 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 14 Fév - 23:18

Salut les fantassins,
Allez, ça continue. Cette première journée dans un camp reste inoubliable pour tous.

[size=13]2ème épisode
"Le dressage"

Direction le magasin du sergent fourrier pour la récupération du paquetage, on nous distribue des éléments de matériels et d’habillements sans aucune explication. Les uns et les autres se déshabillent se rhabillent, s’échangent des fringues plus ou moins usées dont les tailles sont aléatoires  bravo  L’usage de certaines parties d’uniformes ne nous est pas encore acquis, tels ces bérets bleus dont personne ne connait le positionnement. Mais au fait, pourquoi des bérets bleus ? Depuis que nous sommes arrivés, la seule couleur visible était rouge. Est-ce pour souligner notre qualité de bleusaille ? Comme il en faut un, on me confie, sans explications une boite avec des centaines d’élastiques à distribuer aux collègues. De prime abord, nous voyons mal l’utilité de ces rubans de caoutchouc, qui pourtant nous deviendront indispensables dès le lendemain : fermeture des gamelles, pliage des bretelles de sacs trop longues, mais également pour empêcher nos chaussettes de descendre systématiquement sur nos chevilles  OK À la suite de la distribution de ce produit de haute technologie, nous prenons place dans les dortoirs, des baraquements en tôle, un lit et une minuscule armoire chacun, le tout en métal gris. Là nous supposons avoir mérité un peu de répit. Loin s’en faut, nous devons enfiler les survêtements adéquats et on nous oblige, pour faire un premier tri, à faire cinq tours de stade. Nous sommes une bonne soixantaine à serrer les dents pour ne pas perdre le rythme et à encaisser les aboiements d’une demi-douzaine de gugusses en uniformes. Nous comprenons qu’on ne nous lâchera pas. Pendant les classes et à l’intérieur du camp, le tarif minimum sera la petite foulée au moindre déplacement. Jamais, nous ne saurons à l’avance ce que l’on va faire et en bien moins drôle, on ne saura pas davantage quand le divertissement prendra fin  non non

D’entrée, on nous signifie que l’on va s’occuper de nous les bleubites et nous rendre opérationnels au plus tôt, un inconscient se risquera à poser la question fatale :
« Sergent, ça veut dire quoi "opérationnel" ? ».
La sanction est immédiate : vingt pompes, il n’y aura jamais dix pompes, le minimum ce sera vingt et toujours pour tout le groupe, justice militaire oblige ! A peine relevés, l’inconscient insiste en s’adressant au gradé : « Mais qu’est-ce que j’ai dit qu’il fallait pas ? », et rebelote vingt pompes de plus pour tout le monde pour nous apprendre qu’il faut demander l’autorisation avant de parler. D’ores et déjà, notre instinct de survie se met en veille permanente  diable

Nous sommes dans un camp et non une caserne, avant d’arriver là, je ne faisais même pas la différence. Les seuls bâtiments en dur sont réservés aux officiers et à l’administratif, le reste du régiment loge dans des espèces de baraquements en tôle posés sur une plateforme en béton. Le confort est juste suffisant ! La première journée convenablement remplie, le droit au sommeil réparateur s’impose  ZZZ  mais la nuit passe vite, interrompue beaucoup trop tôt le lendemain matin. D’entrée de jeu, la première gueulante matinale nous contraint à nous rendre sur le stade en moins de dix minutes. C’est encore cadeau, les jours suivants trois minutes suffiront. Réveil cardiaque assez costaud et à 6h00, nos tenues de sport retourneront au placard en échange du treillis, puis on aura droit au p’tit dèj. Pour ajouter à notre détresse, nos bérets bleus (que nous ne portions pas la veille) nous signalent de loin au milieu d’une meute de bérets rouges, proportion approximative de 1 pour 50 ! Sifflets, quolibets et bousculades nous accompagnent dans le réfectoire où par comportement grégaire nous resteront groupés tel du gibier cerné par les loups. Mauvais plan, des morceaux de pains mouillés nous prennent maintenant pour cibles et pourrissent la salle à tel point que le responsable de la cantine nous ordonne de nettoyer le carrelage, on exécute l’ordre sans comprendre cette sanction injuste  Va pas non  Il s’agit bien de l’armée où même les victimes assument les dégâts. Cela nous mettra sérieusement en retard et obligera notre instructeur à nous punir du nombre de pompes habituel. En moins de 24 h, nous en sommes à une dizaine de séries de 20 pompes, ce n’est qu’un début ! Aussitôt fait, départ au pas de course vers les chambrées où aura lieu le premier exercice de rangement d’armoire. Saines distractions récurrentes et à cadences soutenues. Suite à l’incident de la cantine, avec beaucoup de précautions l’on nous confiera des bérets de paras à la couleur adéquate, comme tout le monde, afin d’éviter un lynchage régulier. Ce qui fera dire à un de mes voisins de chambrée un peu snob :
« Étonnante attention, il leur reste un zeste d’humanité ou bien la crainte d’exploser le quota de pertes ! »

Dans un sursaut d’amabilité, le serpat nous donne quelques brèves explications : la garnison prévue pour notre affectation a été dissoute (dans l’Est), il souligne avec gravité qu’il va se faire un devoir de nous transformer en véritables "Chocs", et cette option ne l’enchante pas. Vu qu’on était chez les paras, il n’y avait pas d’autre choix que de suivre leur entrainement, ajoutant :
« Ici, y’a pas d’pédés ! »… ou quelque chose qui veut dire la même chose ! Personne ne demandera : « Chef, c’est quoi un PD ? »
On n’en sut pas plus, trop dangereux de poser des questions.

Ce furent des classes infernales, s’enchaînèrent : présentations d’armes, marches au pas accompagnées de chants militaires, crapahutes interminables, exercices de tirs aux fusils et pistolets mitrailleurs (P.M), entrainement aux masques à gaz, et même quelques notions de close-combat  colère  ces divertissements ponctués des trois assommantes vaccinations TABDT à intervalles d’un mois. Et puis, ces inoubliables nuits passées autour d’une grande table en fer à nettoyer son fusil au retour des manœuvres ou de l’entrainement au tir. Le caporal-chef inspecte toutes les heures et ce n’est jamais correct avant 4 heures du matin. Les nerfs sont mis à rude épreuve. On finit par les connaitre par cœur ces armes, à force de démontages-remontages les yeux fermés. Exténués par cette débauche d’activités nous n’avions en tête que la perspective de la première PLD (Permission de Longue Durée), qui au final, après six semaines de déboires ne durera que 72 heures. Le chemin à parcourir pour atteindre ce Graal sera épique, on ne s’imaginait pas à quel point encore, heureusement !

Nos éducateurs-dresseurs représentaient l’espèce humaine par des caractéristiques différentes de la moyenne. Les deux principaux nous contraignaient à boire leurs paroles, de manière à éviter de leur faire répéter. Le plus jeune, caporal-chef de son état, à la carrure d’athlète olympique soviétique, se plaisait à démolir nos rangements d’armoires à coups de nunchaku. Trente pompes claquées, pour ce type, suffisaient à peine à l’échauffer avant d’en faire quinze sur chaque main sans le moindre signe d’essoufflement.
Le second, un sergent vétéran de la guerre d’Algérie, a foulé d’autres régions d’Afrique, et pas en touriste, il se vante d’être un spécialiste des finitions... Pour ce phénomène endurci et violent, nous ne représentons que de la bleusaille, pour rester poli. Ce personnage surnaturel est capable d’aspirer le contenu d’une canette de bière en trois secondes sans déglutir et en tractant dans les montées, deux fantassins épuisés accrochés à ses brelages. Son rôle : nous contraindre à dépasser nos limites ! Régulièrement, il nous provoque  taar ta G... toujours prêt à déposer ses galons si par hasard on était assez inconscients pour oser l’affronter à mains nues, tu parles ! La raclée étant garantie, chacun de nous se dégonflera. Chez ces deux-là, on sentait le désir de nous éclater la gueule et par leur faute ce fut réciproque ! J’allais en oublier deux autres que l’on rencontrait, il est vrai, moins souvent. Le supérieur à tous, un jeune lieutenant costaud et plutôt grand, très dur mais ayant du mal à masquer quelques complexes, mais bon, je ne suis pas très calé en psycho-analyse. Le dernier, parce que le moins titré de la bande, était un caporal d’origines berbères, probablement fils de Harki, il jouait sans le savoir, le rôle du "gentil". Il nous évitera des ennuis en prenant parfois notre défense ou nous conseillant dans des phases hasardeuses. Tout au long des classes, il nous affublera de doux sobriquets : "bitards", "bleubites" et le très classieux "traces de pneu", preuves d’un extrême respect et d’une tendre affection envers nous…  soldat
En manœuvres, cet automne-là, les averses nous arrosèrent copieusement. Les marches, lourdement chargés avec sac à dos et armement complet, se transformaient en galères boueuses ponctuées d’embuscades, très physiques, littéralement épuisantes. Les bivouacs, dans un trou humide creusé à la pelle pliante, ne permettaient pas des récupérations complètes et souvent au petit matin, parfumés au cocktail transpiration-moisissure, nous redémarrions le ventre vide sans connaitre ni le but ni le terme de ces surprenantes randonnées. Nous devenions accros aux piètres rations militaires  cuisinier2 qui nous apportaient, malgré tout, d’indispensables calories et un réconfort éphémère. Personnellement, je me découvrirais une passion pour le pain de guerre, celui qu’il faut laisser tremper des heures avant de le croquer sans se péter les dents. J’échangeais, avec les copains, mon excédent de Gauloises troupes filtrées et bizarrement sucrées, contre ces biscuits de béton armé moulés au coffrage.

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La suite, la prochaine fois comme disait Lapalisse (un copain de régiment)!

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14 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Lun 15 Fév - 10:37

Bonjour les anciens
Mille excuses suite à une mauvaise manip j'essaye de rectifier
Manitou

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15 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Lun 22 Fév - 10:38

Eh ben non, c’est pas fini, on repart pour un nouvel épisode de l’époque bidassienne histoire de vous rafraîchir la mémoire de bons (ou de mauvais) souvenirs…

3ème épisode:
«Je veux, donc je peux ! »

Une nuit, au milieu d’une épaisse forêt béarnaise dégoulinante de trombes d’eau  pluie nous devions effectuer individuellement un raid pimenté de guet-apens. Trempés, frigorifiés, et armés à blanc (heureusement), un par un à quelques minutes d’intervalles, nous sommes partis sans aucun éclairage rallier quatre ou cinq points à peine lumineux. La consigne : tirer sur tout ce qui bouge et ce qui bougeait se présentait sous forme d’un triple commando de parachutistes à l’entrainement. Nous servions de cobayes pour ne pas dire de gibiers ! Dès les premiers partis, on entendit des coups de feu répétitifs, des explosions et des gueulantes. À mon tour d’y aller. Rapidement les pièges se multiplient, tels que des branches relâchées fouettant sèchement  Va pas non et des cordes invisibles se prenant dans mes pieds et déclenchant des grenades à blanc. Le minimum syndical, au niveau d’un stage de scouts louveteaux en quelque sorte ! Affligeant, je n’ai pourtant décelé aucun de ces premiers obstacles. Il fallait absolument que je redresse la situation, bien que marcher dans la pénombre avec armes et bagages ne fasse pas partie de mes habitudes. Continuant ma progression aussi silencieusement et rapidement que possible, je compris (éclair de génie)  bravo  qu’il me fallait éviter absolument le sentier principal en marchant parallèlement à quelques enjambées de celui-ci. Sauf qu’à un moment, je distingue un large fossé gorgé d’eau m’obligeant à reprendre la piste. Et là, en face de moi, à une dizaine de mètres, une silhouette se dessine à faible hauteur dans un arbre. Je stoppe, mais hésite à tirer pensant naïvement que l’on ne m’a pas vu. Soudain derrière moi, j’entends un pas de course, à peine le temps de me retourner que déjà, je me retrouve brutalement pris à la gorge et projeté en arrière. Par le plus grand des hasards et surtout par maladresse de ma part, mon ennemi, en me fauchant, cognera la lourde crosse de mon "MAS 49", ce qui me permettra un dégagement salutaire et une fuite à toutes jambes à travers les fourrés et là, comme dans un film, ça tirait dans tous les sens, dans la réalité, j’aurais pris cinq kilos de ‟full metal jacket”. Ma concentration fut telle que dans ma course, je ne perdis pas de vue le dernier repère et arrivais à le rejoindre, à bout de souffle certes, mais sans autre contact physique avec l’ennemi. Lors de cette expérience, je croyais avoir mis en alerte tous mes sens et pourtant une simple hésitation au mauvais endroit et tchao pour te servir de leçon, première et dernière fois en même temps ! Nous profitions du privilège de ne jouer qu’à la guéguerre. Automatiquement pris au jeu, on recherche le pourquoi et le comment de l’erreur : la fatigue troublant le discernement et ralentissant les réflexes,… Énorme et très exagéré en temps de paix, sauf que leurs manipulations et des rumeurs nous amenaient à croire à une préparation au départ imminent en opération. En repartant au petit jour, nous croisions une colonne silencieuse de commandos paras, les corps bien droits et les têtes hautes de ceux qui ne craignent rien. Je remarquais qu’un de ces guerriers professionnels portait un pansement couleur kaki sur son nez bien enflé. Etait-il celui qui avait mangé ma crosse de fusil dans la nuit  diable

« JE VEUX, DONC JE PEUX ! » : il s’agit de la maxime qui soulignait le blason à l’entrée du 1er R.C.P. L’explication, équivoque de prime abord, devenait chaque jour un peu plus explicite en raison du conditionnement subi.

L’intensité de nos entrainements, le manque de contacts avec l’extérieur et l’absence de référence des jours de la semaine feront qu’à un moment, je perdis vaguement la notion du temps, et je doute encore aujourd’hui, de la durée qu’il fallut attendre - quatre, cinq ou six longues semaines - avant d’accéder à la première permission. Le week-end précédant la sortie espérée, on nous administra notre second vaccin. Cette saleté assomme carrément et grâce ou à cause de cela, on devait bénéficier d’une paix royale deux jours d’affilée  vacance C’était sans compter sur le zèle du sergent de faction. Il profitera de ce temps libre pour nous faire essayer les masques anti-gaz. Pour cela, direction une petite baraque en béton sorte de blockhaus avec une minuscule porte comme unique ouverture. Après avoir enfilé et réglé ces improbables protections puantes, nous serons aimablement invités à pénétrer dans le cagibi avec pour consigne indispensable de ne point paniquer ! Cerise sur le gâteau, il faudra dévisser et échanger les filtres avec notre voisin après cinq minutes d’enfermement, deuxième cerise sur le gâteau, l’obscurité est presque totale. Plutôt décontractés au départ, la rigolade s’atténue lorsque le "serpat" nous tasse à l‘intérieur et avant de refermer la porte, nous balance deux cartouches de lacrymogène. De suite, une épaisse fumée envahit le local et ce que nous prenions pour une simple distraction se transforme en nouvelle galère. Il devient difficile de rester calme, certains se mettent à gueuler au moment où l’étanchéité de nos appareils respiratoires commence à faire défaut. La première partie n’est que mise en bouche. Lorsqu’il fallut échanger les cartouches filtrantes après avoir pris une grosse respiration, les ennuis sérieux commencèrent. À ce moment, la porte s’entrebâilla et le sous-off hilare, nous administra deux nouvelles doses de gaz. J’eus la veine de récupérer un filtre seulement humidifié de larmes, quand d’autres les revissèrent trempés de morve et pour les moins chanceux, de vomi. L’air vicié par ce gaz infect, provoquera un affolement, certains étouffaient, quand d’autres se purgeaient l’estomac. En bon petit soldat suivant les instructions, je me suis assis, fermant les yeux et tentant de respirer lentement, alors que le groupe près de la porte tentait de l’enfoncer. Pas d’autre issue. Après d’interminables minutes, la porte s’ouvrit enfin, on s’est piétinés pour accéder à  l’air frais, certains resteront allongés un long moment, le temps de récupérer leur souffle. Les plus agressifs ont pris à parti l’enfoiré  paf qui esquiva la vengeance, grâce à l’autorité de son grade, il les menacera de les remettre dans la cabane et de les coller au trou. Fin de ce jeu d’abrutis  OK

Deux informations de piètre importance : La confirmation que nous ne serons pas brevetés parachutistes (cela n’était pas prévu). Dommage, certains et moi-même le souhaitions afin que l’aventure soit complète et surtout nous donne d’autres possibilités de sortir de ce camp pour l’entrainement spécifique. Deuxièmement, nos cheveux ont repoussé sensiblement, signifiant un nouveau passage forcé chez le raseur avant la permission.

Prochain épisode : « La 1ère permission »

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16 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Lun 29 Fév - 10:38

4ème épisode :
"La 1ère permission"  bravo

Le jour attendu, après avoir assuré les incontournables corvées de dernière minute et contourné les menaces de retenues, nous pouvons enfin récupérer nos tenues civiles. Mes cuisses, tellement gonflées par l’intense activité physique, déchirent l’entrejambe de mon jeans au moment où je finis de l’enfiler, tant pis, je n’enfilerai pas l’uniforme pour autant. Je tiens à rentrer chez moi habillé en civil. Et voilà que l’organisation laisse à désirer : le transport retour à la gare, n’est pas prévu. Pour tout notre groupe, le franchissement du poste de garde du camp est synonyme de retour à la liberté, même provisoirement. Donc à pieds, baluchons sur l’épaule, nous parcourons sans nous retourner et au pas accéléré les six kilomètres nous séparant du train. Jamais rassasié par les rations militaires, je m’engouffre dans la première pâtisserie venue pour m’enfourner deux éclairs au café. Le regard amusé de l’appétissante serveuse, réveillent certaines sensations mises en veilles ces dernières semaines  Bizzzz Allez, on se calme ! Deux copains m’ont suivi pour s’empiffrer également, et en ressortant, on se marre, je crois qu’on pense la même chose : cette pâtisserie a tout pour plaire ! En plus désagréable, mon genou droit a souffert des longues marches et de nombreuses chutes, m’occasionnant une foulée un peu boiteuse. Le reste aura supporté vaillamment les épreuves, rythme cardiaque et respiratoire au niveau d’un yogi. Quarante années plus tard, je jalouse la forme physique du moment, laquelle permettait de marcher ou courir des heures durant, très naturellement, et puis cette énorme faculté de récupération, fantastique mais malheureusement pas éternelle !
 
Il ne me reste aucun souvenir de ce trajet en train, très certainement  en raison d’un sommeil réparateur très profond  ZZZ

Arrivé au "bled", mon crâne imberbe amuse beaucoup la galerie, tous les jeunes de l’époque connaissent l’origine de cette tonsure. Mes parents me posent les questions que posent les parents, traduisant leur inquiétude. Par égoïsme et bêtise, je ne m’étale pas et reste évasif : « Oui, j’ai des copains, on mange et on dort bien, nos supérieurs s’occupent bien de nous !... ». Peu de fierté à exprimer que l’on en bave. Et puis, peut-être que trop parler à l’entourage de ce que l’on fait là-bas, serait comme déjà y retourner ? Plutôt que prendre le risque de passer pour un affabulateur, j’ai profité de l’instant  jj
 
La "perm" rapidement consumée (ou consommée ?), de retour à Idron, nous ne savons toujours pas à quoi nous sommes destinés, des rumeurs paranoïaques insinuent le Tchad ou le Liban. Naïvement, nous prenons pour argent comptant ce type d’informations, impossibles à vérifier  non non  
Sans attendre, on nous remet à l’entrainement. Au cours d’une manœuvre transportés en GMC débâché sur une petite départementale, nous subissons une attaque en règle, mitraillage à blanc et jet de grenades au plâtre. Le véhicule civil qui nous suivait un peu trop près, surpris par notre arrêt brutal (ça freine sec un GMC) percute l’arrière de notre camion. Peu importe, sautant sur le capot froissé de la Citroën, nous rendons coup pour coup à notre pseudo ennemi dans une pétarade véritablement désordonnée. Une dizaine de minutes s’écoulent avant que ne cessent ces piètres hostilités et que notre chef finisse par rédiger le constat amiable avec le grand-père chauffeur de l’Ami 6 qui a attendu patiemment la fin du combat. Il semble en avoir vu d’autres dans sa vie…
Rien ne nous arrête ! Quelques jours plus tard, circulant dans le même type de bahut, nous filons sur une piste défoncée à vive allure. Une douzaine assis à l’arrière, nous accusons sans ménagement les nids de poules et les ornières à la limite de l’éjection  Va pas non Au volant le conducteur vraisemblablement tarabusté par le chef assis à côté de lui, coince l’accélérateur au taquet. Il finira par perdre le contrôle dans une courbe et envoie le 6x6 taper le talus après avoir survolé le fossé. Le choc nous projette contre la cloison du compartiment avant, notre barda amortira le choc et les moins coincés d’entre nous aideront les autres à se démêler du foutoir. Du capot, sort une fumée suspecte, on s’en fout, qu’il brûle ce putain de camion ! Au poste de pilotage, les dégâts sont plus sérieux, le chauffeur peine à respirer, ses côtes ont heurté le gigantesque volant et il se plaint d’un poignet foulé. Quant à notre chef, qui occupait la place du mort, sa joue bien entaillée pisse le sang, il a cogné le porte fusil métallique sous le pare-brise, même pas mal ! D’une voix monocorde, il demandera de l’aide à la radio, sans réponse et légèrement vexé, il décidera de finir le chemin à pied. Après d’inefficaces premiers soins  infirmière  le pilote blessé attendra l’ambulance en compagnie d’un volontaire désigné d’office. Sacs et matériels sur le dos, nous repartons d’un pas alerte, abandonnant le bahut fumant et son chauffard ! Impossible de s’ennuyer, pas le temps de s’écouter.

Sans préavis, un beau jour de novembre, nous sommes mutés sur la base d’hélicoptères au nord de Pau, ce sera définitif ! Nous rendons le paquetage para au fourrier et récupérerons sur place un autre attirail et d’autres bérets de couleur bleue ciel distinctive de l’ALAT (Aviation Légère de l’Armée de Terre). L’accueil relativement chaleureux par notre nouveau colonel  diable permit d’augurer des jours et des nuits moins agités. Une fois l’installation terminée, en retard sur le quota, nous eûmes droit à notre seconde permission, d’autant plus agréable parce qu’inattendu.


à plus

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17 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Mar 1 Mar - 11:38

Bonjour
Fin septembre à la fin de ce qu'on appelait "les classes",nous avons fait
une journée de marche avec l'équipement complet (sac à dos ,fusil, gamelle ration de guerre...etc)
Réveil là 4 heures du matin avec remise d'un casse croûte composé  d'une tranche de pain (de l'avant veille au moins) et une boite de sardines. Puis départ sur les "chapeaux de roues" si l'on peut dire dans les rues de Clermont avec en tête un "Pitaine"assez cool.
Direction le camp de la fontaine du berger à 15km de là .La moitié du trajet en ville jusqu'à Durtol où on nous accorde 5 mn de pause sur le parking de la gare avec interdiction formelle de s'asseoir. soldat
L'autre moitié se trouvant en sous bois car il s'agit d'un raccourci mais
cette fois ci en forte pente car nous sommes sur les contreforts des
volcans tout prêt du Puy de Dôme.
Puis nous arrivons au camp de la fontaine du berger où nous assistons déjà bien fatigués à la "montée des couleurs" suivie de la pause casse croûte (30 minutes si ma mémoire est bonne)
Notre récompense pour avoir fait l'ascencion fut trés vite dévoilée car nous pensions tous à une bonne sieste réparatrice non non  et bien ce fut une marche commando (15 km en moins de 2 heures) à travers les sentiers de randonnées des volcans Auvergnats.Et ça monte et ça descend...etc.Les descentes sont de véritables "casse pattes"et nombreuses sont les chutes accompagées de jurons!!! Va pas non
Une promesse nous fut faite par l'EOR de service  soldat <<ceux qui respecterons les moins de deux heures pour cette épreuve redescendrons à la caserne en camion ce soir>> Devant une telle récompense, nous avons tous réussi.
Rassemblement donc le soir devant les couleurs et un petit mot de cet en...d'apprenti Lieutenant << nous n'avons pas assez de place car il n'y a qu'un seul camion donc tout le monde redescend à pieds>>
Arrivée (sur les rotules comme on dit)le sergent chef qui avait fait la
même chose que nous nous expliqua qu'il ne fallait surtout pas quitter les
rangers pour dormir sinon impossible de les remettre le lendemain alors
"bonne nuit malgré tout" ZZZ  ZZZ  ZZZ
A bientôt les amis à plus

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18 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Mar 1 Mar - 14:19

Salut les bleus,

Salut Manitou  pour résumer, vous vous êtes tapés environ 45 kms dans la journée, ça fait une sacrée référence dans une vie bravo . Il me semble que pour le brevet parachutiste, les gars étaient largués au-dessus des Pyrénées et devaient se taper un raid de 100 kms pour le retour au camp en moins de 36 heures ce qui leur permettait de décrocher leur fourragère d'intégration.

Rien de meilleur que la marche, d'ailleurs tu es resté un bon marcheur OK et ça ne doit pas être désagréable dans ta région. La marche, j'aime beaucoup, mais mon problème actuel, c'est que je porte mon sac à dos sur le devant  colère2 et il est un peu trop chargé  miam  

La promesse de rentrer en camion, on nous l'a faite aussi, ne sont pas très originaux les gradés soldat

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19 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Mar 1 Mar - 16:19

Salut l'ami 14G ,salut les anciens coucou
Il est vrai que j'aime toujours la marche mais à mon rythme ou
plutôt au rythme de ma "pompe à globules" qui accuse bien son
âge hélas!!!
pensif
Je marche encore une dizaine de kilomètres par jour
quand le temps le permet bien sûr et mon record fut il y a quatre
ans (contrôlé avec un podomètre) où j'ai fais sans vraiment m'en
apercevoir 32 kilomètres dans la journée avec deux pauses d'une
demi heure pour  manger et  demi et aussi admirer le
paysage bravo
Mais tout ça sans gradé et bien sûr sans courir ce qui
ne fait que 4km/h en déduisant les deux pauses pensif
J'ai faillis faire partie d'un club mais j'ai refusé à cause d'une
très mauvaise ambiance (cela fera partie d'une autre histoire)
Amitiés à tous Manitou

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20 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Mar 1 Mar - 16:42

Bonjour à toutes et tous, coucou
Et bien moi je trouve que vous avez une mémoire fabuleuse ! Pour ma part je fus intégrer au 126ème régiment d’infanterie à Brive la gaillarde, et j’ai le douloureux souvenir des vaccins infirmière avec à la clé une « mise en quarantaine » le week end suivant !!
 Pour ce qui est de la marche à pied cerf1 pendant les deux mois qu’ont duré les « classes » j’ai dû effectuer en tout et pour tout une soixantaine de kilomètres et tout ça la nuit car comme nous étions tous très vilains (pas beaux), on nous cacher de la vue des autochtones.
Par la suite comme je faisais partie des moins vilains on me proposa de m’enrôler d’office non pas à Pau dans les parachutistes Va pas non mais à Brive la Gaillarde chez les moniteurs de conduite VL, PL, et VAB (véhicule de l’avant blindé), c’était ça ou alors GV soldat  !!! N’ayant pas trop envie d’aller voltiger sur une grenade et vue ma grosse capacité de réflexion je n’ai pas du réfléchir plus d’un dixième de seconde avant de prendre ma décision ! Je décidais donc contre toute attente de choisir d’apprendre la  conduite des merveilleux véhicules de notre chère armée de terre aux nouvelles recrues.
Après cette première période relativement tranquille, je commençais donc dans ma nouvelle affectation par un stage de un mois à LIMOGES au centre de formation des moniteurs de conduite. Comme nous n’étions pas tous convoqués le même jour (premier dysfonctionnement) mon binôme et moi avons dû attendre 2 jours et demi avant de commencer le stage !! 
Et là je crois que je n’ai jamais autant dormi de ma vie ! Nous sommes restés dans notre chambre pendant 36 heures d’affilée à faire du gras, et personne ne s’inquiéter de savoir ou était passée non pas la 7ème compagnie mais les gars du 126 de Brive !!
Le stage terminé, retour dans notre chère caserne pour en découdre avec la bleusaille taar ta G... , et oui c’est qu’on avait pris du galon ! 2ème classe DUGENOU au rapport……

La suite un autre jour, le devoir ma pelle ! à plus grenouille



Dernière édition par crazyfrog le Jeu 3 Mar - 13:09, édité 1 fois

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21 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Mar 1 Mar - 18:58

Bonjour  grenouille  bonjour les amis
Une remarque sur ton texte,tu as écris <<le devoir m'appelle>> et bien non!! comme ancien Eatp tu dois écrire le devoir ma pelle
Il va falloir signaler ça pour la réforme de l'orthographe pastaper
Amicalement Manitou  

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22 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Mar 1 Mar - 19:15

coucou tout le monde et bien vu Manitou

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23 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Ven 4 Mar - 16:25

coucou  tout le monde......

Avec ces conditions climatiques,  pluie  pluie  pluie  pluie  pluie excellente occasion pour continuer le récit......
J' en étais donc resté à la fin des classes où j' avais terminé le stage théorique de la formation à la conduite d' engins TP à la 1ère place.....et c 'est là où ça se gâte.....

Les 3 premiers du stage , convoqués chez les grands chefs , pour nous signifier qu' en récompense de nos bons résultats  nous étions affectés à suivre un stage de grutier 3 mois ........stage qui était effectué sur une grue Hanson ( ça je m' en souviens.....!!!!!) montée sur un châssis de camion  et ce stage consistait à accrocher un bloc de béton, le décoller du sol, faire une rotation à 180° et le poser......pendant 3 mois.......!!!!!!!!!!!!......et pendant ce temps là, les autres qui avaient suivi le stage initial mais qui avaient terminé au delà de la 3ème place partaient en compagnie de chantier sur les bases aériennes dans le midi.......( ma chérie étant dans le sud......ça m' arrangeait bien d' y aller.....!!!!!!)

Je refuse tout net cette proposition......le capitaine n' en revenait pas....ça ne s' était jamais vu.....En attendant qu' une décision soit prise, il me dit de commencer le stage de grutier et qu' il verrai ce qu' il pourrait faire.....

Mais bien sûr rien ne venait......Au bout de 4 jours, ça bouillait tellement que j' ai mis un stratagème au point.....
Profitant d' une perm, j' ai envoyé un courrier au colonel à Toul sous l' identité d' une autre personne pour proposer de m' échanger contre un bidasse à Avignon et que ça arrangerai d' être à Toul.....
Dans la semaine , la réponse du colonel....pas de possibilité, mais que si je voulais partir en compagnie de chantier que c' était tout à fait possible et que ça allait donc se faire très rapidement.......Le moral était remonté.......
Quelques jours plus tard.....toujours rien......et l' occasion s' est présenté que j' étais de garde.....je me suis porté volontaire pour être au poste d' entrée de la caserne......( personne ne voulait y aller car le matin il y avait la levée des couleurs et fallait présenter les armes au colonel et compagnie......).
La levée des couleurs faite, le colonel se fait présenter les bidasses et demande en passant à chacun si tout va bien....
Arrivé à moi, je lui réponds que ça n' allait pas du tout.....Etonné il me demande de développer.....et bien sûr je fais allusion au fameux courrier et à sa réponse....
Il me regarde et me dit......" Mais vous êtes encore là....pourtant j' ai donné des ordres.....je vais voir ça....."
Sur le coup des 9h30....j 'étais au stage de grue....on me fait appeler à la compagnie......Vue la gueule de l' adjudant je pense qu' il avait dû être convoqué et s' était fait passer une ramonée....car j' ai appris par la suite qu' il voulait me garder à Toul comme formateur pour la bleusaille à venir......
Il m' a jeté par terre ce qu' on appelait le " Quitus" .....document qu' on devait faire signer dans les différents services quand on quittait la caserne définitivement......et il avait fallu qu' il le signe , donnant ainsi son accord pour mon départ.....
Quand je me suis baissé pour ramasser le document, je ne me souviens plus des termes qu' il a employés.....mais ça voulait dire du genre....petit con, tu m' as baisé la gueule......mais tu t 'en souviendras......
Pour moi, je partais de là......c 'était là l' essentiel..


Me voilà donc emmené au train, destination la base aérienne d' Istres, le QG des détachements du RGA.....J' ai dû roupiller dans le train, tellement content de déguerpir de là......
Arrivé sur place, une jeep est venue me chercher conduite par un " gonfleur d' hélice" qui m' a conduit à la base où j 'ai pris possession de mon paquetage de chantier , de mon lit et je me suis donc installé ......on était 4 par chambre et j' ai retrouvé des copains avec qui on avait fait les classes ensemble.....tout étonné de me voir débarquer là......


La suite.....au prochain épisode.......prochain jour de  pluie  pluie  pluie .....je sens que ça ne va pas tarder.....!!!!!!
Bon Am....... champi




....

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24 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 6 Mar - 15:23

Roro19 a écrit:
..... Il me regarde et me dit......" Mais vous êtes encore là....pourtant j' ai donné des ordres.....je vais voir ça....."
Sur le coup des 9h30....j 'étais au stage de grue....on me fait appeler à la compagnie......Vue la gueule de l' adjudant je pense qu' il avait dû être convoqué et s' était fait passer une ramonée....car j' ai appris par la suite qu' il voulait me garder à Toul comme formateur pour la bleusaille à venir......
Il m' a jeté par terre ce qu' on appelait le " Quitus" .....document qu' on devait faire signer dans les différents services quand on quittait la caserne définitivement......et il avait fallu qu' il le signe , donnant ainsi son accord pour mon départ.....
Quand je me suis baissé pour ramasser le document, je ne me souviens plus des termes qu' il a employés.....mais ça voulait dire du genre....petit con, tu m' as baisé la gueule......mais tu t 'en souviendras......


Salut les bidasses,

Roger, c'est toute la finesse de l'armée dans ton récit  soldat

Euh, ça veut dire quoi un "gonfleur d'hélice", jamais entendu cette expression  pensif

A tout de suite...




....

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25 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 6 Mar - 15:47

5ème épisode :
"Aviation Légère de l’Armée de Terre"

Aurions-nous pu encaisser le rythme précédent plus longtemps ? Sans le dire, la perspective de ne pas revenir dans ce camp d’entrainement pour parachutistes fut un soulagement et personne d’entre nous ne le regrettera  à plus  

L’entrainement, moins intensif que chez les troupes aéroportées, reste de bon niveau et laissera la place à de très fréquentes gardes de nuits les trois premiers mois. En journées, on nous formera à l’occupation de postes professionnels. Nous ne prenions pas très au sérieux ces fameuses gardes, lesquelles pourtant étaient réglées de manière fort contraignante. Notre contingent les a subies de fin novembre à début mars, c'est-à-dire tout l’hiver  Brrr2  totalement de nuit et avec le sentiment d’être constamment épiés, en raison de rumeurs d’éventuelles intrusions de commandos légionnaires ou paras en exercices  diable  Par le fait du hasard, j’éviterai chacune de ces "attaques" pour le moins viriles qui neutralisaient brutalement chaque gardien !

À l’instar de quelques collègues, je vivrai une péripétie un peu surprenante lors de ces surveillances par tranches de deux heures. Nous devions faires des allers-retours devant les hangars à hélicoptères disposés face aux pistes d’envol. L’ensemble de 7 hangars devait représenter dans les 500 mètres de long. Vers 3 heures du matin, on marchait systématiquement en mode automatique, un pied devant l’autre sans savoir comment. Une nuit, après déjà 2 ou 3 allers-retours, j’ai redémarré au 1er hangar, je suis passé devant le 2ème, puis le 3ème, le 4ème, le 5ème,… Les aboiements des malinois, ceux que l’on appelait les chiens de guerre, m’ont réveillé après avoir dépassé le 7ème hangar, au moment où j’allais buter dans la barrière d’extrémité, où se trouvait le chenil. Je sais maintenant qu’il est possible de somnoler en marchant, mais je n’ai pas su faire taire ces saloperies de clébards  Va pas non    
Une partie de l’équipe se dispersera dans l’administratif et d’autres, dont je fus, à la maintenance au garage. Sans en faire la demande, j’accédais à une formation d’opérateur radio, cela m’attitra un camion (Marmon), totalement équipé pour cette tâche. Un vrai jouet avec des manettes et des antennes partout, dont je ne suis pas certain d’en avoir assimilé toutes les subtilités en fin d’instruction ! Avant cela, il me fallut repasser les permis auto et poids lourds militaires et en prime le transport en commun. Partagé entre gardes, formations et manœuvres diverses, nous n’avions pas le temps de buller. Période pas vraiment frustrante, je gardais malgré tout un œil sur les prochaines permissions et sur les jours me séparant de la quille, absence totale de liberté oblige  OK

Sans regrets mais un peu plus tard, me restera le sentiment d’avoir pleinement et utilement servi cette période. Une fois la vitesse de croisière atteinte, particulièrement au niveau physique, j’aurai bien profité de cette étonnante aventure.

Afin de varier les plaisirs, il me fallait dénicher un autre objectif. Tous les jours et parfois la nuit tournaient au-dessus de nous des hélicoptères. Devenir pilote, impossible… manipuler un bull D4 à câbles et moteur auxiliaire me suffisait ! Simplement, une virée dans un de ces engins à hélices horizontales m’intéressait au plus haut point. Il faudra attendre huit mois avant d’effectuer un premier vol, lequel connut un incident, mais nous verrons cela plus tard  pensif  En attendant les gardes de nuit autour et à l’intérieur des hangars, permirent de nous faire la main aux postes de pilotage de ces aéronefs en maintenance. Impunément et plusieurs fois, dans la presque obscurité des ateliers, nous nous installions aux commandes et mimions un combat en vol. Je dis "nous", car nous fumes plusieurs trouffions immatures à jouer à la guerre tels des mômes de dix ans. On peut parler de miracle en soulignant que jamais nous n’avons été pris sur le fait, le cas échéant nous aurait conduit directement au trou  soldat
   
L’armada de la base se composait des récents hélicoptères de combats "Gazelles" ; de transports "Puma" et d’ "Alouettes" en fins de carrière. La Gazelle équipée de ses missiles (Milan à guidage filaire, je crois) devenait un prédateur de véhicules blindés, en stationnaire, quelques secondes lui suffisent pour aligner une proie. Le Puma sert de transport en commun, déposant ou parachutant des éléments commandos ou autres. Accessoirement, nous avons aperçu cette bestiole déplacer une jeep suspendue, ou divers matériels légers ! Quant aux obsolètes alouettes, on les voyait si peu qu’il me reste des doutes sur leur utilisation, peut-être réservées à la formation ou bien à des exercices particuliers, manœuvres sans visibilité, repérages ou liaisons ?

Afin de multiplier mes chances, je devais me porter volontaire à chaque demande, cela finirait forcément par payer. Peu de précisions étaient données sur les missions, alors en me proposant systématiquement, le coup de poker fut parfois regrettable  non non  Il me fallut endurer de très particulières missions en autobus telles que le transport, le mercredi, des indisciplinés mioches d’officiers accompagnés de leurs mères qui nous prenaient pour des larbins. En plus plaisant, j’emmenais la fanfare des paras à des défilés et des présentations d’armes en de multiples points du sud-ouest. Une étape dans une caserne de Toulouse me revient en mémoire : en chambrée, ces musiciens se sont payés un bœuf jazz-n’rock, grâce à l’apparition de leurs guitares personnelles  Manitou en complément des instruments cuivrés réglementaires. Attirée par ce surprenant tintamarre, une partie de la caserne s’est pointée et les gradés de faction ont eu la bonne idée de nous foutre la paix  bravo

C'est tout pour aujourd'hui  à plus  

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26 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 6 Mar - 19:27

coucou ....à toi mon ami 14G

Euh, ça veut dire quoi un "gonfleur d'hélice", jamais entendu cette expression  pensif   A tout de suite...:

Pour ta gouverne personnelle et afin que tu ne passes pas la  ZZZ à réfléchir et à te torturer  pensif  pensif les neurones......je t' apporte la réponse....

Comme nous étions sur les bases aériennes , c 'est sous cette appellation que nous dénommions les bidasses de l' armée de l' air.....
Mais j' y reviendrai lors de le suite de mes aventures......

Donc voilà ....la mise au point est faite.....Bonne soirée  la compagnie..... champi

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27 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 13 Mar - 16:34

6ème épisode
Sorties entre copains


Une fois la longue période de gardes terminée, il devenait enfin possible de sortir le soir. Me rendant désormais au camp avec ma petite Fiat 128, ce critère fut pris en compte par un petit nombre de confrères qui profitèrent de mon moyen de transport autant que je profitais de leur maturité politique, échange équitable ? J’avais tant à apprendre, que je pense avoir été gagnant dans l’affaire sur le long terme. La majorité de mes potes disposaient d’études supérieures (contingent d'octobre : la plupart viennent de terminer leurs études supérieures), alors que je n’avais accédé, et encore avec mauvaise volonté, qu’aux études inférieures. Au milieu d’eux, les lacunes de ma culture ne passaient pas inaperçues  cerf1

L’un d’entre eux, devenu chauffeur du colonel, ne le restera que quelques jours, temps suffisant pour que le service de renseignements de la "Grande Muette" découvre ses affinités avec le PCF (Parti communiste français). Très élégant, courtois, cultivé, doté d’un humour raffiné, très ouvert, la référence même du chic type. À son initiative, nous trainerons nos guêtres au cinéma d’une M.J.C (Maison des Jeunes et de la Culture), découvrant, pour ma part, de grands auteurs de films italiens. Un bar de Gan (banlieue de Pau) assouvira, un peu plus tard, nos besoins de jeunesse, c'est-à-dire musiques et rencontres. Un très bon plan, là-bas nous nous trouvions hors du circuit habituel des trouffions de la région. Nos cheveux rasés, ralentirent notre intégration, mais progressivement les habitués du lieu comprirent que nous n’étions pas des agités avinés et au fil des soirées nous finirons par devenir transparents. Nous bénéficierons même d’un traitement de faveur au moment de l’addition  demi

Trente années plus tard, j’ai revu un des copains de cette bande, nous sommes relativement voisins parce que Charentais. Par commodité, nous faisions la route ensemble. Quelquefois, le lundi matin très tôt, je passais le chercher chez ses parents au sud d’Angoulême. Maintenant, nous communiquons par mail, trop rarement à mon goût, prévoyant d’improbables visu devant un café ou un plateau de fruits de mer. Cela n’a pas encore abouti, il doit craindre que nous passions le repas à rabâcher des histoires de vieux de la vieille à "l’auberge de jeunesse", selon sa jolie formule. Tentant le tout pour le tout, il me reste deux ou trois photos à lui montrer et le prétexte qu’il pourrait me donner des informations sur cette période pour mes mémoires. Le piège s’amorce  diable

Les autres me reviennent parfois en mémoire et particulièrement les plus vivants : les blagueurs irrésistibles et permanents chahutant du matin au soir l’institution militaire. Si le secret de jovialité éternelle existe, je suis preneur… après tout chacun devrait avoir sa part ! Comment ai-je négligé de collecter les coordonnées de ces joyeux drilles ? Je m’en mords les doigts parce qu’au final cette camaraderie fut pour moi d’une richesse incomparable tout au long de cette période coincée entre scolarité et vie professionnelle. J’appris à considérer les choses différemment, il était juste temps…… bravo
 
……. En complément du footing quotidien, une fois par mois nous pratiquions le huit kilomètres commando, épreuve de fond bien différente du sprint du parcours du combattant. Là, il s’agit d’une course servant à étalonner son endurance. Les règles sont simples : 8 km à effectuer en rase campagne en moins d’une heure, habillés en treillis et rangers, et chargés d’un petit sac à dos lesté d’une dizaine de kilos. Grâce à l’entrainement subi au 1er R.C.P, les premières fois, je tournais légèrement en dessous des 55 mn, une moyenne correcte. Puis petit à petit, mon temps augmentera, et je terminerai celui avant la quille à une minute de la limite, à ras de me faire sucrer la dernière permission. Une bonne moitié finira dans les mêmes temps, échappant de justesse à la sanction grâce au caporal chronométreur assez complaisant ! Avait-on rajouté des pierres dans nos sacs  Va pas non  Ou bien, n’était-ce pas plutôt un laisser-aller général dans la perspective du départ ?

Prochain épisode : "Baptême d'hélico" OK

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28 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 20 Mar - 16:20


7ème épisode :
Baptême d’hélico


À force de participer à des manœuvres, je gagnais enfin du terrain vers les hélicos. Lors d’un exercice dans un camp de la région, à Caylus il me semble, notre équipe radio installera ses antennes relativement près du périmètre d’envol. À quatre ou cinq habitués, le matériel fut rapidement monté, réglé, vérifié et revérifié, il nous restait à attendre les premières consignes en fumant une clope  vacance C’est alors qu’un adjudant-chef nous fit signe de nous approcher d’un "Puma" et sans explications nous ordonnera de grimper dedans, on s’est regardé incrédules. Il s’agit d’un des moments de ma vie où je me suis senti vraiment privilégié. Avec le temps, je suis maintenant persuadé que ce sous-officier s’est dit : « Allez, ça fait assez longtemps qu’ils attendent, on va leur faire faire un p’tit tour », il existe des mecs sympas comme ça  OK  Monter dans un de ces fabuleux engins, ne se renouvellera jamais au retour à la vie civile. Je revois encore très bien ce moment, pilote et copilote s’installent aux commandes, enfilent leur casque, s’échangent des phrases incompréhensibles pour nous, puis ils enclenchent diverses manettes. Nous regardons au-dessus de nous lorsque nous entendons le sifflement des turbines. Nous y sommes, ce sera notre premier vol, aucun de nous n’a encore décollé du plancher des vaches. Inutile de causer, le raffut est tel qu’aucun autre son ne filtre. Bêtement, nous nous dévisageons, hilares comme des mômes qui arrivent à lâcher les mains du guidon. À l’instant où le régime de rotation des hélices provoque de grosses vibrations, j’ai sorti mon petit appareil photo pour immortaliser l’instant. Quelques secondes plus tard, l’engin décollera à la verticale et nous nous élèverons du sol comme aspirés. Sensationnel ! En prime, le grand jeu nous attendait, le pilote bascula le nez de l’aéronef vers le bas tout en amorçant une courbe serrée, la force centrifuge nous maintiendra collés aux banquettes  Va pas non  absolument génial ! Une fois l’altitude de croisière atteinte, j’ai profité d’une stabilité aléatoire (bonjour les trous d’air) pour photographier l’extérieur et le tableau de bord de l’engin. C’est à ce moment qu’une flopée de voyants se mit à clignoter. Immédiatement, le copilote nous a fait signe de nous attacher, à peine deux minutes plus tard nous nous reposions au point de départ. « Go, go, go ! », évacuation rapide sans en connaître la raison. Les pompiers encadrèrent de suite le Puma dont ils noyèrent le compartiment-turbines à la mousse. Une durite sous pression avait éclaté et l’huile répandue sur un des moteurs brûlant provoqua un début d’incendie certainement étouffé par le système de sécurité.

Déçus par un si court voyage, nous sommes retournés à nos activités débordantes consistant à allumer une clope et à disserter sur la mésaventure, persuadés que ce premier vol trop court serait aussi le dernier  non non À tort, dès le lendemain nous avons regrimpé dans un autre hélico, chargés d’antennes portatives d’un relais radio et d’un groupe électrogène. Après une dizaine de minutes de vol portes grandes ouvertes, nous débarquions avec notre chef et une bonne réserve de bouffe, des munitions en quelque sorte  miam  En fait, nous étions au cœur d’un manœuvre de grande ampleur, en témoignaient de nombreux hélicoptères allemands, en fait des hélicos de marque américaine, Bell Iroquois, avec leur bipale aux flaps-flaps-flaps caractéristiques.

Par chance, l’occasion de renouveler les vols se représentera encore quelques fois et un vendredi nous eûmes droit à ce type de transport pour le retour au camp, le grand luxe ! L’occasion de belles photos, maintenant vieillies et beaucoup d’autres égarées dans divers déménagements.

Rompez, pouvez fumer !

14G

Salut à toi  14G  grand conteur, j'ai rétabli la taille 16.
continue à nous régaler de tes écrits captivants.
Kristal

Amitiés

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29 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Dim 20 Mar - 16:24

[color=#000099]Salut les amis,

Désolé la taille 16 n'a pas pris sur cet épisode, mettez vos lunettes !!!
color] OARAT

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30 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Ven 25 Mar - 19:06

coucou ....aujourd' hui, jour de pluie pluie , alors favorable aux écritures......

J' étais donc arrivé à Istres , base des détachements du 15 RGA......
Je suis resté là 15 jours à glander, sans que personne ne se soucie ni de moi ni de ma présence.....le matin j' allais au rassemblement mais personne ne me disait rien et je retournais donc à la piaule pour attendre midi...
Je passais mon temps à discuter avec "le gonfleur d' hélice" qui était affecté à faire nos lits et entretenir notre chambre......sur les bases aériennes le Génie, nous étions des privilégiés.......

Et puis un matin, oh miracle......on me signifie au rassemblement de me rendre à 9h chez le lieutenant,soldat  chef du détachement.......
9h précises, je frappe à la porte......un ENTREZ...!!!!!! magistral me fait me demander ce que j' allais trouver derrière la porte.......
J' entre et je vois une personne, 2 barrettes sur les épaules, pas très souriant qui me regardait m' avancer dans sa direction.....
Je me présente.....façon militaire bien sûr.....garde à vous en claquant les talons.....et là je devine un petit sourire s' esquisser sur son visage.......
Il me dit...: Repos....ici , on n 'est plus à Toul......alors, décontracté......OUFFFFFFFFFFF........!!!!!!!!! et il poursuit en reprenant son sérieux ....:ça fait 15 jours que vous coincez la bulle, ce n' est pas l' habitude de la maison......
J' arrive à lui bredouiller un truc du genre.....: Tous les matins j' allais au rassemblement mais personne ne s' est soucié de moi......
Et il poursuit...: Vous avez fait l' EATP, c 'est très bien......vous avez terminé 1er du stage à Toul, mes félicitations......mais ici pour moi vous êtes un boulet......Je pense que je devais rouler de ces billes......je ne comprenais rien...... pensif  pensif  pensif  pensif  pensif
Et il poursuit....: Vous débarquez là en compagnie de travaux , avec les bagages que vous avez, et vous arrivez avec UNE INTERDICTION DE CONDUIRE LES ENGINS TP.....!!!!!!!!!!
Là je comprenais de moins en moins....et puis......des paroles qui m' avaient été dites à Toul le jour de mon départ me sont revenues à la mémoire......."Que je me souviendrai de les avoir niqués".........
Et la voilà la vengence........salopards........!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Le lieutenant....pince sans rire......me dit....: Bon , il va falloir retourner à Toul.....!!!!!!!!! J' ai cru m' évanouir.......Tout mais pas ça.....!!!!!!!
Je pense qu' il a dû se rendre compte que je n' étais pas bien et il me dit aussitôt......Vous allez retourner à Toul chercher un camion et vous redescendez avec et là je verrai ce que je ferai de vous.......
Je crois que si j' avais osé, je lui aurai sauté au cou........mais on était à l' armée......!!!!!!!!
Le lendemain, me revoilà au train direction Toul......passage vite fait , j 'ai récupéré le camion et en route.......Quel soulagement.......Je n' ai même plus de souvenir comment le voyage s' était passé.......sans doute très bien.......
J' avais récupéré un Berliet GLM benne tout neuf.....quelques km au compteur seulement, les films plastiques de protection sur le tableau de bord et tout et tout.......ça sentait le neuf......
Arrivé à Istres, je me suis garé avec les autres véhicules du génie......bien soulagé.......

Après , j' ai eu différentes affectations......objet d' un prochain article......

Bonne soirée........ champi [

/color][/color]

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31 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Sam 26 Mar - 9:41

Salut les appelés, salut Roger,

Très amusante cette anecdote, c'est bien du vécu et je m'en régale.

Je viens de vivre une mésaventure un peu similaire, sauf qu'on est en 2016 et sur un chantier civil. En tant qu'intérimaire pour une boutique de location, au bout de 2 jours le chefaillon de l'entreprise mandataire m'a éjecté  coucou en espérant sauver sa peau suite à ses trop nombreuses négligences et erreurs  Va pas non  Trois coups de téléphone bien placés pour expliquer que je n'avais rien à voir avec les malfaçons sur lesquelles, je n'avais même pas eu le temps de travailler. Et j'ai réintégré le poste comme si de rien n'était, sans aucune excuse de la part de ces br...eurs. Le chefaillon est resté mais il regarde ses souliers à chaque fois que je le croise... OK Fourberie et lâcheté sont toujours de mise sur les chantiers. 

Comme me disait Georges un copain de chantiers : "Oliv, faut pas partir, on n'a pas tout vu !" non non

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32 Re: << L'AUBERGE DE JEUNESSE >> le Lun 28 Mar - 18:49

8ème épisode

« La quille, bordel ! »

La quille nous libère le dernier jour de Septembre 1977, chacun s’éparpillera comme une volée de moineaux. Une terrible rage de dent, m’empêchera de profiter au mieux de l’instant. En déposant un compère aux environs de Castillon-la-Bataille, j’eus droit à une copieuse dégustation de la production familiale en vins du terroir, avec pour effet immédiat d’anesthésier ma molaire pendant quelques heures. En contrepartie la suite du parcours deviendra hasardeuse. Sérieusement éméché, j’ai quand même retrouvé la route de la maison ! « Y’a prescription m’sieur l’agent, hips ! »  demi

Longtemps après, traversant une région pour raisons professionnelles, je crois me souvenir qu’un tel était originaire d’ici, un autre de là, mais je commence avec le temps à émettre de sérieux doutes sur leurs prénoms, sur leurs noms. Il y a quelques années, un peu de temps libre et une irrésistible nostalgie m’ont fait rechercher sur internet leurs adresses, même chose pour des ex de ma promo EATP 74-76. Parfois une information nouvelle me pousse à décrocher le téléphone et je tombe immanquablement sur un homonyme souvent compréhensif et ne s’étonnant pas de mes échecs, comme si cet inconnu avait également eu une démarche similaire. Les résultats nuls, me ramènent à la réalité, chacun aussitôt parti a tracé sa route sans se retourner, la dense agitation de la vie a fait le reste, il est maintenant bien trop tard  coucou

Je ne suis pas sorti intact de cette année intense, il m’en reste une séquelle. Une à deux fois par an encore maintenant, un cauchemar récurrent m’assaille, au cours duquel je subis un nouveau recrutement. J’ai beau hurler, avec des variantes : « Vous vous trompez, je suis trop vieux, je l’ai déjà fait mon service militaire ! ». Je tente d’expliquer où, avec qui, mais rien n’y fait, seul un réveil brutal et en nage me libère de cette méprise imaginaire  Va pas non  Purée, toujours quarante années plus tard… inconsciemment, ça m’avait brassé !

De cette aventure, j’en retirerai maints avantages. Tout d’abord, ma conscience républicaine est à jour  OK  ayant véritablement servi ces douze mois très activement. Les manœuvres, les gardes, les durs entrainements, parfois violents, m’amèneront à appréhender des limites méconnues en fin d’adolescence. Le rappel de ces expériences physiques et morales, me permit par la suite de franchir sans hésitations certains obstacles, comme une référence, ou d’en refuser par libre choix d’un individualisme affirmé. Au moins, cette école sans notes ni examens, sans cours interminables en salle, m’apportera un complément inespéré à mon éducation, autant par une vision nouvelle que par les rencontres effectuées dans un tel contexte. Seules récompenses officielles obtenues : le grade de 1ère classe et un brevet de conducteur d’élite offert à ceux qui avaient parcouru plus de 5000 kilomètres sans accident, la belle affaire  pensif  

Voilà les amis, mais tout n’y est pas, j’en conserve une partie un peu secrète dans mes « Mémoires Professionnelles ». Peut-être que ce récit vous a rappelé de bons souvenirs, en tout cas au moins un que nous avons en commun : celui d’avoir été jeune et d’avoir dévoré la vie goulûment. Merci à ceux qui ont pris plaisir à lire ces quelques pages vécues par un bidasse moyen, merci pour vos commentaires et remerciements anticipés à ceux qui vont se décider à participer à l’aventure de ce forum. Nous avons tant à dire, il serait dommage de le garder pour soi-même.

Très amicalement.
à plus

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